La
femme anormalement malade,
Elle
est hypocondriaque.
Je me sens sous zéro, je gèle et je craque
ma peau gercée rayonne d'air feuilleté entre mes lèvres fendues
Sur le papier
Elles embrassent un bouquet de fleurs
c'est un cœur en sang
je le dessine le long de ma cuisse, ma veine éclate et le joint
s'enfonce comme la racine.
Le gémissement, la douleur, non pas de regret,
seulement mes côtes transpercés, oui moi aussi.
Le bois m'étrangle et la pâle morsure du matin
celle-là même : rouge sur le cou de cette femme hier soir,
dans la petite Agonie lointaine.
Rien n'y paraît plus, elle a dormi.
Je ne voudrais mourir qu'à la levée du pollen hors de mon étamine
asséchée.
La solitude des temps froids me transit au creux des tripes.
Faites-moi l'amour, je suis hystérique.
* *
* *
* * *
* * *
*
Mon utérus se promène dans mon ventre. Il me donne des diarrhées
qui m'assèchent la bouche.
Il est pénible
de ne point pouvoir se lever.
Il est pénible
de ne point pouvoir se lever.
Aucune eau ne me ressaisirait plus que la tienne, oh cher amour
brûlé, gisant à la souche du défunt feuillu. »
Elle était belle et verte de santé, la femme transparente
comme une feuille de peuplier couchée dans un lit de pierres
mouillées.
En
cette nuit exsangue et confuse, elle mourra à l'aube grise d'un
paradis sans lumière.
